L’éducation au développement durable au cœur des quartiers Nord de Marseille
Inscrit au programme Eco-Ecole depuis 2013, le collège Jean Moulin qui accueille près de 600 élèves mène des projets sur les déchets, la biodiversité, l’alimentation, l’énergie, l’eau et les solidarités. Leur projet Eco-Ecole s’inscrit dans une démarche pédagogique transversale et interdisciplinaire, reliant directement les enseignements à des actions concrètes.
Au collège Jean Moulin, au cœur des quartiers Nord de Marseille, les jeunes découvrent le vivant à travers le collège, faute d’y accéder ailleurs. Dans ce contexte, le projet Eco-Ecole apporte une dimension pédagogique et humaine précieuse, permettant de sensibiliser les jeunes à l’écologie tout en soutenant leur épanouissement.
Il s’inscrit dans une démarche pédagogique transversale et interdisciplinaire, reliant directement les enseignements à des actions concrètes. Le cinquième point de la méthodologie, « Établir des liens avec les disciplines enseignées » prend tout son sens au collège Jean Moulin : les enseignants et enseignantes intègrent le projet dans différentes matières, offrant aux élèves une expérience d’apprentissage à la fois concrète et globale.
En français, les 5e se sont interrogés sur les relations entre l’Homme et la nature à travers la lecture d’ouvrages consacrés à la forêt, complétée par des recherches sur le rôle des arbres et les moyens de les protéger. Les 4e et 3e ont travaillé l’expression écrite en fabriquant des panneaux signalétiques en bois de récupération, décorés de jeux de mots peints en arts plastiques.
En technologie, les élèves ont mis la main à la pâte pour réaménager certains espaces du collège : peinture, modernisation de mobilier, remise en état d’appareils anciens et installation de rangements, en développant leurs compétences organisationnelles et techniques.
« On n’a pas tous et toutes les mêmes moyens, ni les mêmes réalités sociales. Mais on partage la même mission : donner du sens aux apprentissages. » Nassima Major, professeure d'anglais
Les langues vivantes ont également été mises à contribution. Certains élèves ont transformé un tableau usagé en une mappemonde illustrée de bulles de paroles dans leurs langues maternelles, tandis que d’autres ont traduit la charte de développement durable du collège dans plusieurs langues. Madame Major, professeure d’anglais, a profité des élections américaines pour créer à partir de matériaux recyclés un masque à l’effigie de Donald Trump ! Cette activité a ensuite donné lieu à un musée en plein air dans le jardin du collège, où les élèves reproduisent les plus grands monuments britanniques, comme Big Ben ou London Eye, à partir de matériaux récupérés.
Le projet attire avec le temps également d’autres enseignants et enseignantes, séduits par cette approche ludique et créative, qui souhaitent y participer, et également des agents techniques et d’entretien, qui se forment et s’impliquent dans le projet.
Les disciplines scientifiques ont apporté un éclairage précieux :
En mathématiques, les élèves ont étudié les statistiques et les pourcentages à travers le projet Tara Océan et mené des enquêtes sur les enjeux du développement durable ;
En SVT, ils et elles se sont intéressé(e)s aux impacts du dérèglement climatique sur les océans et ont observé de près le cycle de vie d’un poussin au poulailler du collège ;
En physique-chimie, les 6e ont exploré le phénomène d’acidification des océans grâce à la mesure du pH.
Enfin, en histoire-géographie, les collégiens et collégiennes ont travaillé en groupes sur la biodiversité mondiale, ses perturbations et ses fragilités. Les élèves ont présenté oralement leurs recherches et affiché leurs productions pour sensibiliser toute la communauté scolaire.
Grâce à cette approche transdisciplinaire, les élèves du collège Jean Moulin découvrent que l’éducation au développement durable est essentielle pour donner du sens à tous leurs apprentissages et les préparer à devenir des citoyens et citoyennes conscient(e)s et engagé(e)s. Cela leur permet de faire naître l’idée d’éco-citoyenneté au-delà des murs du collège, notamment dans un contexte où l’environnement n’est pas toujours la préoccupation principale. Les projets encouragent l’autonomie et la prise d’initiatives, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement. Ils contribuent à créer une véritable « mini-société », où les élèves développent, au-delà des savoirs académiques, des valeurs de solidarité, de responsabilité et de respect.
Comme le souligne Nassima Major, « les apprentissages ne se font pas qu’entre les murs de la salle 301 » : ils dépassent la classe pour s’ancrer dans la vie quotidienne des élèves et font naître l’idée d’éco-citoyenneté, notamment dans un contexte où l’environnement n’est pas toujours la préoccupation principale.
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